Communauté de pratique #5 : L’essouflement

Et lentement, insidieusement, tout bascule. Au début, vous ne remarquez qu’une baisse d’assistance occasionnelle. Et puis, les gens quittent avant la fin de la journée et oublient de vous aviser qu’il annulent. La nourriture commandée pour 29 personnes demeure sur les tables de buffet une fois que les… gulp… 15 personnes présentes ont mangé. Les commentaires d’appréciation, autrefois si élogieux, tournent autour du fait que peu de participants se présentent.

Est-ce un échec ?

La fin de votre communauté de pratique ?

Certainement, c’est la fin de la première étape de vie de votre communauté de pratique.

Les communautés de pratique évoluent avec le temps. Le graphique suivant aidera la compréhension.
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Une fois l’excitation de la nouveauté passée suivra un plateau où les membres de votre communauté seront de bons citoyens, s’inscrivant à temps, confirmant leur présence et assistant diligemment aux rencontres, participant même à vos discussions virtuelles ! Le sentiment de communauté est fort !

Et l’essoufflement frappe alors. Un nouveau plateau s’installe. Le noyau dur de votre communauté résistera à cet essoufflement, mais le découragement risque d’éteindre les initiatives si vous n’êtes pas conscient de ce mouvement naturel des communautés de pratique.

De là à dire qu’il ne faut pas s’inquiéter, c’est une toute autre histoire. C’est le temps de se renouveler ! Modifiez la formule. Innovez. Prenez des risques. Sondez la communauté !

Que veulent-ils ?

Après tout, votre communauté de pratique a été formée pour rendre service à ses membres. Servez-vous encore vos membres ? Rien de tel à ce moment que d’utiliser un service de sondage Internet de type Survey Monkey ou Zoomerang .

Que veulent vos membres ? Quels sujets devriez-vous aborder ? Qu’aiment-ils dans vos rencontres ? Qu’aiment-ils moins ? La transparence est de rigueur !

Mais rappelez-vous : Malgré tous vos efforts, votre communauté de pratique va s’essouffler. Un cycle de deux ans est normal. La troisième année va être difficile et peu à peu les membres vont reconnaître, ou re-reconnaître la valeur de votre groupe. La valeur inestimable des échanges et du partage. Bien que tout se passe naturellement lors des rencontres, certains membres pensent, à tort, que les échanges vont continuer spontanément, sans effort de la part des organisateurs.

Le rôle du parrain a déjà été discuté. La communauté de pratique a besoin d’un parrain, mais également de la participation des membres. Le besoin des membres à discuter et à échanger est toujours là. Mais le parrain ne peut que catalyser ces échanges, il ne peut les susciter de lui-même. Les besoins de communiquer sont à l’occasion occultés par les tâches quotidiennes, la routine corporative et les obligations professionnelles des membres. Les membres qui ont adhéré à votre communauté de pratique dès les premiers jours risquent de vouloir revenir après une absence brève ou prolongée. Les visiteurs qui n’ont pas adhéré au groupe après une première visite ne seront probablement pas intéressés à adhérer dans le futur.

Mais qui donc va adhérer ? Qui va de nouveau faire gonfler les rangs de votre communauté de pratique ? Car chaque baisse, chaque nouveau plateau va voir arriver de nouveaux membres. Les efforts de sollicitation du parrain resteront probablement vains. Car pourquoi l’organisateur pourrait avoir de bons arguments pour convaincre de nouveaux membres ? Pourquoi en fait, le parrain pourrait-il avoir de meilleurs arguments que les membres eux-mêmes ?

Et ici réside le principal défi. Certaines personnes ont une propension à partager leurs trouvailles, d’autres à les garder bien cachées. Bien que la base des communautés de pratique soit de partager et d’échanger, un certain temps est nécessaire pour que les membres réalisent la richesse du partage et décident d’en parler spontanément à leurs contacts. Même l’avènement des réseaux sociaux n’a pas encore réussi à briser les barrières naturelles de protection des gestes.

À bien y penser, c’est peut-être une des raisons de cet engouement soudain pour les réseaux virtuels… Le besoin de partager sans s’engager personnellement… À explorer dans la prochaine capsule !

Avez-vous déjà fait l’expérience de l’essoufflement d’une communauté de pratique ?

Comment avez-vous résolu votre défi ?

Par François Lavallée, M. Sc.

 


* Pour lire les autres articles de la série sur les communautés de pratiques

* Hyperlien des autres articles de la série
http://www.aliterconcept.com/blog/aliter_sensa/les-communaute-de-pratique-partie-1/
http://www.aliterconcept.com/blog/non-classe/les-communautes-de-pratique-partie-2/
http://www.aliterconcept.com/blog/non-classe/les-communautes-de-pratique-partie-3/
http://www.aliterconcept.com/blog/communaute-de-pratique/communaute-de-pratique-4/
http://www.aliterconcept.com/blog/communaute-de-pratique/communaute-de-pratique-5-l-essouflement/
http://www.aliterconcept.com/blog/aliter_sensa/communaute-de-pratique-virtuelle-ou-reelle-6-suite-et-fin-dune-serie-publiee-en-2009/

 

* Quelques autres…
http://www.aliterconcept.com/blog/non-classe/communautes-de-pratique-en-changement/
http://www.aliterconcept.com/blog/non-classe/la-pompe-a-eau/
http://www.aliterconcept.com/blog/non-classe/partenariat-dapprentissage/
http://www.aliterconcept.com/blog/non-classe/tribu/


 

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