La fausse sécurité

La fausse sécurité

Je vais prendre l’avion pour les vacances de l’été. Il ne fait pas assez chaud ici… Vive le Sud!
J’utilise ce moyen de transport quelques fois par an.
Chaque fois de reculons.

 

Oh, j’aime bien l’accélération du départ.
Sentir cet énorme géant de métal s’élever élégamment vers les cieux.
Chaque fois, je m’émerveille du génie humain.

Chaque fois… Une fois les contrôles terminés.

 

La dernière fois c’était en direction de Toronto. Un court vol de moins de 60 minutes pour aller déjeuner avec un conférencier allemand de passage dans la ville reine.
Toronto, de Montréal… Donc pas de douanes américaines… Pas besoin d’arriver 3 heures avant le vol.
MAIS… J’avais oublié d’enlever mon tire-bouchon de mon porte-documents.
Pourquoi un tire-bouchon dans un porte-documents? Parce qu’un jour, lors d’une réunion de fin de journée, un collègue avait eu la bonne idée d’apporter une bouteille de dégustation et que nous avions tous eu l’air fou sans tire-bouchon.
UN TIRE-BOUCHON dans un avion!
Qu’ai-je pensé?

 

Le gentil gardien de sécurité me l’a donc confisqué. Aucune offre de le récupérer en revenant d’ailleurs…
Tant pis pour moi.
C’est MON problème.
Qu’ai-je pensé… Oser contrevenir aux règles de sécurité aéroportuaire!!!
HORREUR!
Ils auraient dû me flageller aussi… Je le méritais!

Bon.
Ben oui.
Je me console en me disant que mon ciseau, ma lime à ongles et un petit couteau, qui étaient tous dissimulés dans une pratique carte de rangement, n’ont pas été confisqués.
Et à ce moment je me suis dit: dans le fond, tous ces contrôles ne servent à rien.

À part bien sûr irriter les 99.9% des gens honnêtes qui prennent l’avion.
En fait, 100% des gens honnêtes.
Car de toute façon, j’ai toujours l’impression que les terroristes ont des couteaux en plastique ou autres moyens dissimulés de commettre leurs crimes.

 

Mais les règles sont les règles! Et ceux qui respectent les règles ne sont jamais visés par les règles.
Mais ces derniers paient les frais.

Peut-on avoir trop d’une bonne chose?
Bien sûr!
Trop de règles, trop de contraintes, et pas assez de gros bon sens.

Et l’histoire nous démontre que ça ne marche pas.
Mais… on est habitué à ce genre de choses et on les tolère.

 

Le réalisateur Michael Moore écrivait dans un de ses livres que le cancer tue plus d’Américains chaque année que 10 fois le nombre de victimes du 9/11. Et que les budgets de recherche contre cette maladie sont environ 100 fois inférieurs au budget de la guerre en Irak déclarée suite au 9/11.
Bravo.

 

La sécurité dans les aéroports coûte très cher.
La sécurité dans les transactions financières aussi.
La conformité financière aussi.
La conformité réglementaire en général aussi.
La bureaucratie est en voie de devenir le plus grand obstacle au progrès dans nos organisations et nos gouvernements.
Et le pire dans tout ça…
Les aéroports sont-ils VRAIMENT plus sécuritaires?
Les banques sont-elles VRAIMENT plus à l’abri des fraudes?
Les citoyens sont-ils VRAIMENT plus à l’abri des faux jetons?
Nos bureaucraties rendent-elles VRAIMENT service à la population de façon adéquate?

Lisez les journaux et tirez vos propres conclusions.

 

Bien que la raison d’être de départ de ces normes et règlements de toutes sortes soit noble et valable, nous sommes tombés dans le piège de la conformité.

Je me plais à dire depuis quelques années que la conformité est le pire ennemi de la qualité.
Ou comme d’autres l’ont dit, la perfection est l’ennemi du bien.

Je cite de nouveau Dee Hock:

« Lorsque vous implantez des règles nombreuses et compliquées, vous obtenez des comportements simples et stupides;
lorsque vous énoncez des principes clairs et simples, vous obtenez des comportements complexes et intelligents. »

 

Nous prenons des vacances à Cuba depuis quelques années. Je suis reconnaissant à la vie de pouvoir prendre un avion dont la technologie me dépasse pour me faire passer une semaine au soleil entouré de sable, de margaritas et de ma famille.
Mais chaque fois je me demande pourquoi je dois payer 25 pesos cubains pour pouvoir recevoir un permis de sortie de l’île. Pourquoi ne pas inclure ce « droit » de sortie dans le prix du forfait? Après tout, le voyagiste a mon numéro de passeport, mon paiement, mon numéro de carte de crédit, etc.?
Finalement en 2015, ils ont compris!

ll y a de l’espoir.

Mais pas pour mon tire-bouchon.
« Damn! »

Heureusement qu’à Cuba, on nous sert le vin…

 

 


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