Qui connaît les BPFs? Vraiment…

Question piège?

Malheureusement pas.

On me consulte à l’occasion sur les BPF. Comment interpréter tel ou tel article? Peut-on faire ceci ou cela? Est-ce que l’inspecteur peut nous imposer… Et à ce moment, je m’interroge et j’interroge les clients. Car ces questions ne me sont pas posées par les spécialistes d’AQ mais le plus plus souvent par les formateurs.
Est-ce que je connais les BPF? Oui, bien sûr, puisque je dois former les gens sur le sujet. Est-ce que je suis un expert en BPF?
NON!
Je consulte des experts quand j’ai des questions sur les règlements ou les interprétations. Je pense à YYZ entre autres. Nous discutons de ce que nous croyons être la façon de voir les choses. YYZ a beaucoup plus d’expérience que moi et passe énormément plus de temps à étudier les BPF que moi. Mais, pour ma défense, YYZ est en AQ. Pas moi. Cependant, à mon grand étonnement, je me rends compte que je passe plus de temps à étudier les BPF que beaucoup de gens qui devraient le faire!
Sans pointer du doigt ou culpabiliser qui que ce soit, je pose la question… Qui connaît les BPF? Pas qui devrait connaître les BPF, car la réponse est toute simple… Tout le monde devrait connaître les BPF qui se rapportent à leurs responsabilités.
Non, sérieusement, qui CONNAÎT les BPF? Qui les connaît vraiment?
Le chef ou le directeur AQ?
Les superviseurs?
Sur une échelle de 1 à 10, comment évaluez-vous VOTRE connaissance des BPF?
Je suis curieux…et je vous invite à cliquer sur l’hyperlien suivant : http://tinyurl.com/6pe4ry.
Ma prétention est que peu de gens connaissent les BPF comme il se doit. Je peux me tromper. En fait, j’espère avoir tort! Malheureusement, je m’étonne toujours du niveau de connaissance des BPF de la plupart des gens. Encore une fois, je ne fais que constater, loin de moi l’idée de blâmer quiconque!
En fait oui, je crois que je devrais blâmer quelqu’un. « Charité bien ordonnée commence par soi-même »  dit le dicton. Alors, je commence par moi.
1- JE ME BLÂME!
Ah, déjà cette auto-flagellation intellectuelle me fait du bien. JE l’avoue : JE ne lis pas assez sur les BPFs. JE ne me renseigne pas assez. Je suis abonné à 3 newsletters électroniques et quelques-uns de veilles électroniques que je lis chaque jour/semaine rapidement et… OUI JE L’AVOUE… J’en jette quelques-uns à l’occasion sans les lire!!
J’en retire beaucoup d’informations cependant. Quelle compagnie a eu encore un rappel… Quel produit innovateur fut lancé et a rencontré des problèmes… Quelle entreprise restructure sa force de vente… Etc., etc. Rien de bien spécifique… Je devrais lire davantage…
ET VOUS AUSSI!
2- Oui, je VOUS blâme, chers lecteurs. Sans grande méchanceté cependant. À quelques exceptions près (je pense à YYZ), la plupart de mes lecteurs m’avouent candidement qu »ils ne se renseignent pas assez. Certains me disent même ne lire que mes courts bulletins! Et pas à chaque fois! C’est bien peu. En effet, comment rester à jour et au courant de ce qui se passe ailleurs sans prendre quelques minutes par jour pour lire et se renseigner. Le danger de désuétude est grand!
3- Ensuite, les équipes de gestion des usines pharmaceutiques. Nos gestionnaires ne se renseignent pas toujours adéquatement… au sujet des BPF. Les finances, ah ça oui! Les résultats du dernier trimestre, ah oui. Les données relatives à la performance de leur usine également. Mais la conformité? Autrement que par le truchement des résultats ou mesures corporatives?… peu probable.
Oh, j’entends déjà les critiques acerbes de mes opinions… Nous déléguons aux gens d’AQ! Chacun ses responsabilités et la nôtre est de veiller au bon fonctionnement de l’entreprise… ah oui? Et la conformité… en fait-elle partie? Car comment approuver des budgets supplémentaires pour l’entretien régulier du système d’eau purifiée ou l’achat d’un nouveau détecteur de métal pour les comprimés si la connaissance des BPF n’est pas au rendez-vous? La conformité coûte cher, mais la non-conformité est encore plus onéreuse… et que dire des impacts de l’ignorance!
4- Vient ensuite le blâme envers les équipes de formation. Toujours à l’affût des formations à implanter pour les employés, les gens des équipes de formation sont-ils connaissants des BPF ou sont-ils à l’occasion (ou trop souvent) dans une bulle cérébrale dans laquelle mijotent les intelligences multiples, le multimédia et la gestion de la performance? Les équipes de formation comprennent-elles la VRAIE nature de la conformité?
J’aimerais vous donner des réponses à ces réflexions. J’aimerais vous fournir davantage de pistes de solutions, mais j’en viens encore à la même conclusion.
La conformité, c’est l’affaire de tous.
Encore récemment, je discutais de BPF avec un opérateur qui me jurait, dur comme fer, qu’il ne connaissait pas les BPF et que ce n’était de toute façon pas sa responsabilité! Ou encore cet autre opérateur de chariot élévateur dans le centre de distribution qui ne savait pas ce qu’il devait vérifier quand un camion arrivait… « Je sors les palettes, je rentre les palettes… C’est ÇA ma job! »
Et la drôle de senteur qui se dégage du camion? Et la chaleur anormale que l’on ressent lorsqu’on ouvre la porte?  « Pas mon problème… »
Comment s’assurer, comme gestionnaire, formateur, ou cadre exécutif, que les BPF, l’Essence des BPF, est respectée si nos employés pensent que les BPF, c’est l’affaire des autres? Comment protéger le public, comment aider les patients à guérir ou même rester en santé si nos produits sont victimes de l’ignorance de nos employés face à la réglementation.
Les employés dont j’ai fait mention travaillent pour une compagnie qui a un service de formation, un programme d’introduction pour les nouveaux employés, des formations annuelles sur les BPF, des formations pour les superviseurs, un programme d’avantages sociaux intéressants… Bref, ce qu’on pourrait appeler une BONNE compagnie.
Où avons-NOUS failli?
Pas où ont-ILS (nos employés)… Mais bien, où avons-NOUS échoué?
Où est le problème?
Entre autres, à un manque de connaissance général des BPF par les gestionnaires. Vous êtes maintenant habitués à mon discours. Tout commence par les gestionnaires. Les succès comme les échecs. Walk the talk and they will follow!
Bien peu de gestionnaires peuvent interpréter les BPF adéquatement. Bien peu lisent les BPF régulièrement. Oh, j’ai bien une exception notable, appelons-le B.E.. B.E. est le modèle à suivre et le cauchemar du QA. Il lit les BPF et les comprend. Il les comprend pour ensuite agir de façon conforme… et productive! Il comprend les notions de conformité et de qualité que nous devons respecter pour conserver la confiance de nos clients et celles des investisseurs. Il INTERPRÈTE les articles du règlement à sa façon… Pas nécessairement à la façon traditionnelle de nos gens en AQ mais d’une façon conforme tout de même. Il défend ses positions devant un investigateur… de façon pragmatique, rationnelle et passionnée! Et il gagne souvent son point devant les auditeurs… assez, beaucoup souvent d’ailleurs… Il connaît les BPF. Peut-être plus que bien des gestionnaires AQ. Un modèle à suivre et à imiter. Une perle rare. Malheureusement.
Oui, malheureusement. Je crois sincèrement que tous les employés devraient connaître les BPF assez bien pour pouvoir argumenter et défendre leurs méthodes de travail. Si nos procédures permettent de voir le côté pratique des BPF, elles n’expliquent pas le pourquoi des choses. La réglementation en donne un peu plus. Et fait réfléchir.
Nous avons la chance d’avoir une réglementation qui est très légère. 30 règlements, de C.02.001 à C.02.030. C’est tout. Le reste de ce fameux petit livre contient des Principes et des Interprétations. Quelle merveille! La lecture attentive des BPF vous révélera des splendeurs d’incongruités entre vos pratiques et les exigences. Et pas toujours difficiles à régler!
La grande question demeure : Comment transmettre le tout à nos employés?
Et plus encore : Comment transmettre le goût de connaître les BPF à tous?
D’abord en se demandant : Qui connaît les BPF?
En attendant la prochaine chronique… Faites la différence!
« A boat doesn’t go forward if each one is rowing their own way. »
Proverbe souahéli

Par François Lavallée, M. Sc.

 

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