La Planification, c’est pour les autres!

C’est pas pour moi!

Le défi!

En 1997, un collègue bien intentionné, voyant le travail que j’avais à accomplir et l’ardeur avec laquelle je m’acharnais à la faire, m’a suggéré de suivre un cours de gestion de temps et d’utiliser un agenda. Quel con!

Je n’ose mentionner son nom aujourd’hui, mais de toute façon, dans le fond, c’était moi le con.

Je m’étais même inscrit à un cours de gestion de temps de 2 jours, à sa suggestion encore. J’ai décliné quelques jours avant le cours, car on nous demandait de faire un suivi sur tout ce qu’on faisait pendant 1 semaine, par blocs de 15 minutes. Une vraie histoire de fou. Comment peut-on penser sauver du temps en passant une semaine à compiler ses actions par blocs de 15 minutes? Complètement gaga!

Presque un 1 an plus tard, je perdais l’accès à mon système de calendrier électronique. Par choix. J’ai décidé de me déconnecter du réseau de la compagnie pour pouvoir installer un logiciel «illégal»?: Connaissez-vous PowerPoint? À cette époque, nous utilisions FreeLance et PowerPoint n’était pas permis. Une autre belle con***ie. Mais bon. Fidèle à moi-même, je décidai de me déconnecter. Bien conscient du besoin de voir quelques jours à l’avance, je consultai mes courriels sur un autre poste de travail et je recopiai (oh et puis zut pour le passé simple…). Donc, je recopiais chaque jour les rendez-vous et réunions dans… Quoi? Un agenda!

J’avais bien planifié mon coup! J’avais choisi un agenda qui semblait idéal pour mes besoins. À ce moment, il était clair que l’agenda était nécessaire. Pas de calendrier électronique, déconnecté du réseau pour pouvoir «jouer» avec PowerPoint, j’étais bien cuit! Et la suggestion de suivre un cours de gestion de temps est revenue me hanter!

Je n’y croyais pas vraiment. Qu’est-ce qu’un cours sur l’utilisation de l’agenda pourrait bien m’apporter? Après tout, ce n’était que des to-do lists et un calendrier. Je faisais la même chose sur le calendrier électronique et avec mes courriels! Je m’envoyais même des courriels pour me rappeler de faire les choses. La boîte vocale était bien utile pour ça aussi! Et aujourd’hui, je ferais la même chose si j’avais un BlackBerry?

Haha! Le ridicule de la chose devrait commencer à vous paraître visible. Tous ces gadgets sont bien utiles, mais encore faut-il s’en servir adéquatement.

Cours de gestion de temps donc. Février 1998, le 18 plus précisément. Comment puis-je m’en souvenir? Je ne m’en souviens pas, c’est écrit. C’est ça la puissance des agendas bien gérés. Je suis allé vérifier la date ce matin. Je croyais me souvenir du 22, mais non, c’était le 18.

Vous avez bien lu. Je suis allé vérifier ce matin. Ce matin. Dans mon agenda 1998. Mon premier. Dans son écrin de carton rigide. Bien placé sur la tablette du haut, sur une étagère de la salle de rangement dans le sous-sol.

Fou? Fou de garder ses vieux agendas? Ça me surprend encore, le nombre de fois par année où je dois revenir en arrière pour vérifier un détail. C’est une page (ou plusieurs!) que je conserve. Remarquez, je ferai bientôt un grand ménage. Je ne conserverai que les résumés mensuels.

Oui, chaque mois, je fais un résumé des événements du mois qui méritent d’être conservés. Beaucoup plus facile pour la consultation.

Et comment faire pour savoir ce qui est important à conserver ou non? Come on!

C’est là toute la notion de priorités qu’on nous inculque pendant ces cours de gestion de temps. Cours de gestion de priorités d’ailleurs. Pas de gestion de temps. Personne n’est capable de gérer le temps. Il file devant nous comme le sable entre nos doigts. Nous sommes totalement incapables de ralentir le temps ou de le gérer. La seule chose que nous pouvons apprendre à faire, c’est de faire les bonnes choses au bon moment. Et de la bonne façon.

C’est là le défi. Défi de tous les jours, de toutes les minutes. Défi de faire les bonnes choses aux bons moments et de planifier le bon moment à l’avance pour assurer l’exécution des bonnes choses lorsque le bon moment arrivera. Je trouve toujours très rigolo la remarque la plus souvent entendue lors des cours de gestions de temps/priorités:

«C’est pas pour nous! Tu ne comprends pas notre réalité: On vit dans l’urgence! Notre job, c’est d’éteindre des feux!»

À chaque fois je résiste à la tentation de répondre: «Est-ce que vous comprenez votre réalité?»

Ce n’est vraiment pas pour être méchant, mais trop souvent les personnes sont prises dans un étau de responsabilités mal définies et rarement en retirent-ils la satisfaction édifiante que tout travail devrait générer. Et trop fréquemment, ce manque de satisfaction est dû à une priorisation malsaine des activités. Malsaine. Presque un gros mot.

Urgent ne signifie pas important. Tout semble urgent aujourd’hui. Et tout est urgent si on ne se donne pas le temps de comprendre les priorités. Les vraies priorités. Pas celles qu’on nous impose, ou que le boss nous impose, mais les nôtres, nos priorités. Car après tout, tout se décide dans notre tête. La motivation ne se stimule pas de l’extérieur (malgré les «incentive plans», les bonus, les prix de reconnaissance, etc.). La motivation à bien faire les choses est basée sur ce qui nous anime au plus profond de notre être.

Les valeurs personnelles. Pas les valeurs de la compagnie. Les valeurs personnelles. Tant mieux si les deux séries de valeurs concordent. Vous pourrez travailler en paix avec vous-même.

Et lorsque les valeurs de la compagnie et les vôtres ne trouvent aucun point de rencontre? Vous le savez, la motivation n’y est pas. Ça ne vous change pas comme être humain, mais comme employé… on y repassera. Le clash des valeurs en a poussé plus d’un à démissionner.

Démissionner officiellement, c’est-à-dire un départ, ou encore moralement. Vous en connaissez plusieurs! Ceux qui ont démissionné, mais qui sont restés. Ceux qui sont en train d’en «pété» une. Ceux qui font du présentéisme: Ils sont là, ils assistent à toutes les réunions, ils complètent leurs rapports d’activités (Oh, des activités, ils en font, mais en terme de productivité i.e. des activités qui génèrent des résultats?). Ils sont là physiquement, mais pas mentalement, et, tôt ou tard, même physiquement ils n’y sont plus. Tout ça parce que, à quelque part, les priorités de vie ne sont plus respectées.

Établir ses priorités, ses valeurs, ses buts personnels dans la vie… pas une mince affaire.

La plupart des gens n’ont pas de but précis à part de survivre à la semaine pour pouvoir écouter la TV ou voir des amis la fin de semaine. Il y a aussi le jardin, et le chalet, préparer le voyage dans le sud, et prévoir la prochaine saison de soccer, organiser le 50e des grands-parents et…

Hey!

Mais tout ça prend de l’énergie! Où la trouvez-vous? Est-ce la même énergie que celle qui vous anime au travail? Y a-t-il plusieurs sortes d’énergie? Éolienne, gaz naturel, hydro-électricité?

Différentes formes peut-être, mais ultimement, l’énergie, c’est de l’énergie. On la génère différemment. Dans les cas qui nous occupent, les différentes formes d’énergie sont la motivation, les priorités et les valeurs.

Pas de priorités, pas d’énergie. Pas de valeurs ou un non-respect des valeurs… pas d’énergie.

Lorsque tout ça est clair, la planification se déclare comme, non seulement un mal nécessaire, mais bien un outil précieux qui nous permet de canaliser toutes nos énergies pour nous permettre de ne pas en gaspiller… Et d’accomplir tellement plus de notre vie.

La planification… pour les autres? Jamais! Les efforts de planification sont bénéfiques à tous. Quelle que soit votre position, ou la nature de vos responsabilités, planifier les tâches à accomplir est essentiel pour se sentir mieux, équilibré et en somme, redevenir un humain à part entière.

 

Devoir de la semaine

Qu’est-ce qui est important pour vous?

1- Faites une liste de 5-10 choses importantes dans votre vie.

2- À côté de chaque item de la liste, apposez un crochet à celles que vous respectez en la vivant régulièrement.

3- Si un crochet est absent, posez-vous la question?: Est-ce que votre travail, votre vie de famille, vos activités de fin de semaine, vos engagements envers la société, est-ce que tout ça est en ligne avec ces choses importantes? Ou alors, avez-vous été entraîné dans ce tourbillon malgré vous?

Quels sont les effets néfastes de ces obligations?

Comment pouvez-vous, sans tout foutre en l’air, rétablir l’équilibre en planifiant un peu mieux ce que vous avez à faire pour libérer quelques heures par semaine pour faire ce qui est important pour vous? Une étape à la fois.

4- Inscrivez à côté des items qui n’affichent pas un crochet la prochaine étape que vous pourriez compléter immédiatement vers l’accomplissement de cette chose. Un simple coup de fil, ouvrir un livre, reprendre contact…

Quelques minutes seulement pour vous permettre de faire un pas dans la bonne direction.

 

Citation de la semaine

« Le plus long des voyages commence par un premier pas. »   Proverbe chinois

Par François Lavallée M. Sc.

 

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