La valeur d’un diplôme

La valeur d’un diplôme, quel qu’il soit, est associé à des paradigmes de notre système d’éducation.

 

Le diplôme devrait être la consécration du travail préparatoire, d’efforts soutenus, de la motivation à réussir, de la démarche d’apprentissage.

Un diplôme devrait être la preuve de l’éducation que nous avons reçue pour l’obtenir. Ce n’est pas une fin en soi.

C’est une démarche d’amélioration.

Une certification professionnelle représente la même chose.

Une ceinture de couleur d’un art martial représente la même chose.

Une bannière ISO ou HACCP représente la même chose.

MAIS…

Avez-vous fait l’expérience des produits d’une compagnie qui se vante d’avoir la bannière HACCP ou ISO 9001 sans pour autant être satisfait de leurs produits?

Avez-vous engagé un “professionnel” seulement pour vous rendre compte que le processus de certification était… disons… discutable?

Vous rappelez-vous de cet individu qui a gradué en même temps que vous mais qui avait séché la plupart de ces cours, avait plagié les travaux, copié pendant les examens et triché de toutes les façons possibles? Il a obtenu un diplôme alors que vous avez obtenu une éducation…

Connaissez-vous un jeune karatéka de 8 ans qui a obtenu une ceinture verte ou noire mais qui pleure à chaque échec ? Qui pleure comme un jeune de 8 ans en fait…

La ceinture noire en karaté est intéressante. L’obtenir ne veut pas dire que vous êtes un maître mais que vous commencez à réaliser que vous ne savez pas grand chose… Socrate le résume bien. “Plus j’en apprend et plus je réalise que je ne sais pas grand chose.”

Une version moderne de ceci est l’Effet Dunning-Kruger

On ne règle pas les problèmes d’éducation en haussant l’objectif de diplômation dans les écoles. Il suffit pour cela d’abaisser la note de passage et le niveau de tolérance à la médiocrité. Les directeurs d’école, en bons gestionnaires évalués sur la performance de leur école, auront fort à faire pour ne pas tomber dans le piège du nivellement pas le bas.

Nous en subissons les conséquence !

Le taux d’analphabétisme fonctionnel est à son plus haut niveau depuis des décennies… plus de 50% des adultes de 16 ans et plus ont de la difficulté à lire et à comprendre un texte de complexité moyenne.

Le fait d’imposer un taux de diplomation ne réglera rien…

À moins de réaliser que le but n’est pas le diplôme mais le chemin pout y arriver.

A moins de valoriser la démarche plus que le résultat.

Le résultat restera toujours subjectif… il suffit de changer les critères de succès.

Mais la démarche…les heures d’efforts, la griserie de la satisfaction à s’améliorer, à constater le progrès .. ahh… je suis bien naïf mais je crois que le sentiment d’Accomplissement est plus grand en regardant le chemin parcouru et en appréciant le voyage que simplement franchir la ligne d’Arrivée.

La victoire ne dure que 3 secondes à la ligne d’Arrivée.

Le sentiment de progrès dure toute la durée du parcours.

À moins de valoriser seulement la victoire.

On dit qu’on se souvient des médaillés d’or aux Jeux Olympiques mais rarement les médaillés de l’argent… et on oublie le bronze. Quelle triste constatation! L’athlète qui monte sur la première marche du podium est le troisième au classement mondial et il ne mérite même pas une ligne de félicitations dans le journal national le lendemain de la remise de médaille. Et que dire des centaines qui sont allés aux Jeux Olympiques et qui reviennent honteux de ne pas avoir grimper sur le podium ?

Il est peut-être temps de revoir nos standards d’excellence…

Nos organisations sont remplies de gens exceptionnels qui ne vont pas aux Jeux Olympiques mais qui cours le marathon à chaque jour pour

  • donner leur maximum à leurs patrons qui ne le méritent pas toujours
  • gérer leur budget personnel
  • s’occuper de leur famille immédiate et de leurs parents vieillissant
  • etc.
  • etc.

On récompense les “top performers” par des bonus de performance, surtout les patrons.

Mais qui réalise le travail en solitaire? Personne.

Les résultats qu’on récompense par des bonus individuels aux rares chanceux de niveau hiérarchique supérieur ne sont en fait que des résultats d’équipe. Bon, mais ça c’est un autre sujet…

Revenons au diplôme.

Nos organisations sont aussi remplie de gens diligents, professionnels, disciplinés et consciencieux …non-diplômés.

La génération des baby-boomer a probablement produit plus de diplômés que toute autre génération dans l’histoire de l’humanité. Et avec cette génération, de nouveaux standards contre lesquels nous comparons le succès. Rappelons-nous que l’école est obligatoire au Québec depuis seulement 70 ans et a peu évolué depuis. Un prof en avant, des élèves dociles assis en rangées, un apprentissage dicté par le Ministère de l’éducation, l’initiative des profs et leur passion vocationnelle réduite par décret ministériel…..

Le système scolaire tel que nous le connaissons est une conséquence direct de la révolution industrielle. Un système conçu pour apprendre aux enfants à obéir aux consignes. Un système qui permettait à ces enfants de comprendre la discipline requise dans les usines. Usines qu’ils remplissaient à un très jeune âge d’ailleurs.

Le monde a changé depuis.

L’internet et la communication globale a aussi changé la donne.

Radicalement et irrémédiablement.

Youtube, les réseaux sociaux et tout le reste du web permettent maintenant à quiconque avec un peu de volonté d’apprendre à peu près tout sur n’importe quoi !

C’est aussi sans compter l’apport extraordinaire des MOOC, les Massive Online Open Courses, les cours universitaires gratuits offerts à tous!

De la volonté, de la persistence, le courage de faire un effort et de faire les lectures requises et hop… un individu peut en quelques années acquérir une expertise acceptable de niveau universitaire.

Sans diplôme.

Pour le moment.

Le vent change.

Les employeurs devront rapidement s’adapter à cette nouvelle réalité.

Les universités et le système d’éducation actuel financés par le nombre d’étudiants inscrits aussi!

Les néogénéralistes s’emparent progressivement du haut du pavé.

La reconnaissance de la compétence ne passera éventuellement plus par le simple diplôme.

Les gens compétents non-diplômés pourront peut-être un jour enfin faire mentir le principe de Peters qui hante nos organisations et notre gouvernement.

 

J’ai en tête cette femme dynamique avec plus de 30 ans d’expérience dans une industrie de pointe qui, par un concours de circonstances et d’obligations familiales n’a pu étudié assez longtemps pour obtenir un diplôme et qui a été tentée par un salaire alléchant et une promesse d’emploi à vie. Les fermetures d’usine et les réorganisations constantes l’ont poussé à retourner aux études pour compléter les diplômes de base tant convoités par les employeurs.

Du courage ? OUI.

De la détermination ? OUI.

De l’expérience ? OUI.

Un sens aigu des responsabilités ? OUI!!!!

Un diplôme universitaire? non…

“Désolé madame. Faites entrer le prochain candidat!”

Hmmmm…. certains gestionnaires RH utilisent encore la liste de critères et la description de poste pour sélectionner un candidat. Et souffre de cochéouite ou acute checkititis! Une affliction qui les force à cocher toutes ces cases avant de prendre un décision.

D’autres, plus rares, innovateurs et créatifs, recherchent cette étincelle dans les yeux, cette flamme et ce désir d’accomplissement qu’aucun diplôme n’inclut dans son cursus.

La valeur d‘un diplôme change.

Le parcours vers la reconnaissance des acquis aussi.

D’un autre côté, l’effort et la volonté requis pour réussir sont les mêmes.

À nous de le reconnaître.

Et d’agir en conséquence.

 

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