Ménager ou manager, telle est la question

Ménager ou manager, telle est la question

En lisant un superbe livre de Joel De Rosnay (pas surprenant, ce monsieur écrit merveilleusement bien), j’arrive à cette fantastique étude sur l’étymologie du mot « manager  ».

De Rosnay compare ce mot à « ménagère ».  Bien qu’un des mots soit anglais et l’autre français, le lien qu’il fait entre les deux est intéressant.

En effet, une ménagère gère le ménage (sens large) et le manager gère sans ménager les efforts.

 

MAIS… et ici je me suis mis à réfléchir… si les mots sont reliés dans leur étymologie, y aurait-il aussi une faille au niveau de la signification de leur rôle ?

La ménagère est reconnue aussi pour ménager… faire des épargnes, s’assurer de la saine gestion de la famille.

Le manager aussi doit ménager… s’assurer que les coûts soient contrôlés, etc.

Mais pourquoi ai-je l’impression que depuis quelques années, disons une décennie, le rôle du manager s’astreint de plus en plus à cela, et rien que cela : épargner.

 

 

Je suis atterré de voir le processus décisionnel de certains de mes clients (pas tous !). Quel que soit le montant de la transaction, la réaction est toujours la même : combien ça coûte ?

Quel que soit le bénéfice de l’intervention que je propose, l’hésitation à prendre action est toujours présente.

« Je dois demander la permission à mon boss… ».

Quoi ?

Ah, oui… je ne parle pas d’investissement en capital de 1,4 million, mais bien de participations à des rencontres, des discussions stratégiques, des formations… On parle ici de quelques centaines de dollars.

Les bénéfices sont multiples : informations pertinentes à leur organisation du travail ou à leur stratégie opérationnelle, amélioration des relations de travail et des processus fonctionnels, augmentation de leur satisfaction au travail et de l’engagement de leurs équipes, facilitation des communications avec leurs collègues et subordonnés, etc.

 

Quand on fait le calcul, on arrive à des chiffres tellement gros qu’ils semblent gonflés… irréels.

Un exemple : combien coûte le départ d’un employé compétent suite à un refus de son patron de l’envoyer à une formation… à répétition, à empêcher l’initiative par divers et peu subtils moyens de répression, etc.

Combien ?

Les études démontrent que le coût de recrutement est d’environ 5-10 000 $ tous postes confondus. Et les coûts réels d’inefficacité pendant le temps de recrutement, de surtemps des collègues qui compensent, de la fatigue des survivants, du temps de formation du remplaçant et du temps nécessaire au remplaçant à performer au niveau approprié… eh bien… le total dépasse le salaire annuel.

Et un tel départ déclenche souvent une cascade de départs…

Pourquoi ? Parce que le boss ménage au lieu de « manager ».

 

Cette culture de l’épargne à outrance n’est pas compatible avec la croissance si chère à nos gestionnaires de haut niveau, elle mène à la stagnation.

Et la stagnation d’un système mène à la mort.

Aucun organisme vivant ne survit en stagnant. Au contraire, un organisme vivant est en équilibre dynamique avec son environnement. Le métabolisme d’une cellule s’adapte à son environnement à tout moment.

Et jamais…

jamais…

une cellule ne se pose la question si cette adaptation coûte trop cher !

Le management ne devrait pas être du ménagement des ressources.

Le rôle des managers doit vraiment se transformer pour gérer un équilibre dynamique, une homéostasie semblable à celle d’une cellule, à la limite entre l’ordre et le chaos… là où le plaisir de la vie réside.

 

 


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