Elle a préféré « investir » dans un silencieux plutôt que de soigner son cerveau.

Elle a préféré « investir » dans un silencieux plutôt que de soigner son cerveau.

Bien que cette situation semble ridicule, j’en ai été témoin récemment.

En fait, j’en suis témoin très souvent.

Trop souvent.

 

Vous aurez compris que ceci est une métaphore. La situation réelle ne concerne pas un silencieux, mais une chose tout aussi futile en regard de l’importance du cerveau. Et ceci se produit très, très souvent.

Nous vivons dans un monde où TOUT semble urgent. L’analogie avec l’automobile est appropriée pour bien comprendre.

Quel serait votre choix : changer le silencieux ou ajouter de l’essence à votre réservoir pour pouvoir vous rendre à la maison ? Bien que le silencieux soit bruyant et qu’il soit illégal de se promener avec un silencieux défectueux, le choix est simple.

Mais le silencieux devra aussi avoir votre attention rapidement.

Autre exemple : le changement d’huile. Obligatoire à tous les 8000 km si vous souhaitez que votre garantie soit honorée. Un simple changement d’huile à peu de frais (oh, je sais, votre mécanicien trouve TOUJOURS un petit quelque chose à changer… juste au cas… tant qu’à être ici…).

Et un dernier exemple : vous êtes (encore) au garage pour un changement de pneus et votre mécanicien vous annonce que vos freins sont dangereusement usés. Vous pourriez encore rouler 2 mois sans problème, mais les opérations de changement de pneus rendent les freins accessibles et accéléreraient le processus… sans compter que vous n’auriez pas à revenir… le temps c’est de l’argent… ah… ok… sacré mécano… toujours là pour en offrir plus… et vous faire payer davantage.

 

Peut-être.

À l’opposé, j’appelle cela une « opportunité » et je remercie mon mécano de me les rappeler. Après tout, au-delà du service de remplacement de pièces, ce que j’apprécie de mon mécanicien est son expertise et j’ai confiance en ses conseils. Chacun son métier.

 

Quelles autres opportunités s’offrent à vous chaque jour ?

Et si, dans le cas précédent, votre mécanicien ne vous avait pas avisé, vous auriez certainement été content de payer moins cher et vous seriez quand même retourné au garage au moins quand vos freins se seraient mis à hurler de douleur.

Cette opportunité de changer les freins maintenant avait un coût. Et une valeur. Deux choses très différentes.

Le coût peut être en argent, en temps ou en efforts.

La valeur pourrait se calculer en profits, en ventes additionnelles, en efficacité, en atmosphère de travail, en niveau de conformité…

 

Le problème est la perception de valeur.

Le problème plus profond se manifeste lorsque les gens ne savent pas percevoir cette valeur. Simon Sinek explique avec brio son concept du « pourquoi ».

Je ne peux qu’abonder en ce sens.

 

Je ne peux que m’attrister lorsque des collègues, des clients, des amis sont à ce point loin de leur « pourquoi » qu’ils ne peuvent profiter des opportunités de la vie.

Une occasion de voyage à rabais : ah non, le timing n’est pas bon.

Une occasion de formation : ah non, mon boss ne permet plus de « dépenses » en formation.

Une occasion de livre : pfff… j’en ai déjà 3 qui attendent que je les lise.

Une occasion de spectacle d’un artiste qui fait un « revival » : bof, c’était bon avant… il est vieux.

Une occasion de transformation : ah, merde, encore des changements ?

Mais, diantre et palsambleu (ben oui, diantre et palsambleu… une façon polie de sacrer en littérature !… ok, ok… pas très authentique, mais ça sonne ronflant et à l’occasion, ça me plaît de pouvoir dire que j’ai écrit ça !)… que faut-il pour éclaircir la brume ?

Une occasion de voyage à rabais : ah non, le timing n’est pas bon.

Il ne sera JAMAIS bon.. les rabais apparaissent SANS consulter votre horaire !

Une occasion de formation : ah non, mon boss ne permet plus de « dépenses » en formation.

Et si vous investissiez VOUS-MÊME.. après tout, un Starbuck par jour coûte 1000$ par an.

Une occasion de livre : pfff… j’en ai déjà 3 qui attendent que je les lise.

60 pages à l’heure, environ 5 heures par livre… vous n’y passerez pas les vacances !

Une occasion de spectacle d’un artiste qui fait un «revival» : bof, c’était bon avant… il est vieux.

En effet , il est vieux… ET IL VA MOURIR BIENTÔT ! Lemmy, David Bowie, Greg Lake, John Wetton, Amy Winehouse, sont déjà morts… profitez-en pendant qu’ils jouent encore !

Une occasion de transformation : ah, merde, encore des changements ?

Ben oui… surfer la vague sur sa crête, pas dans son creux !

 

Quand un directeur qualité d’une usine certifiée ISO me dit que les changements de la nouvelle norme ISO9001 ne l’intéressent pas, ça me coupe les jambes.

Quand un directeur de production d’une industrie alimentaire certifiée HACCP me dit qu’il n’a pas le temps de participer à une rencontre stratégique pour influencer la nouvelle version de la norme HACCP et qu’il préfère se faire dire par un inspecteur ce qui cloche lors d’une visite réglementaire…

ça

me

tue !

Ça me tue de penser que des gens impliqués dans la fabrication de produits et services pour des clients sont à ce point déconnectés de leur raison d’être qu’ils ne peuvent plus prendre la bonne décision. Quand ces gens décident de changer un silencieux plutôt que de réfléchir à la raison derrière le problème. Quand ces gens décident de se rendre à une destination éloignée sans faire le plein d’essence. Quand ces gens sont tellement dans leur marasme de tâches quotidiennes que le futur n’existe plus.

Quand le présent n’est que répétition du passé, le futur cesse d’exister.

Il faut que ça change !

 

Je cite ici Seth Godin (article du 2017-02-13) :

« Il est tentant de chercher à changer une personne à la fois. Si vous échouez, personne ne remarquera.

Il est aussi tentant d’essayer de changer tout le monde à la fois. Mais, aujourd’hui, tout le monde n’existe plus. Il y a trop de bruit de fond, trop d’offres. Quand on essaie de changer tout le monde, en gros, vous abandonnez.

La troisième alternative est là où le plus grand impact se produit : essayez de trouver un groupe, une tribu, des gens qui VEULENT changer ensemble.

Et les organiser, leur permettre d’apprendre ensemble et les accompagner vers le changement.

Oh, la pression par les pairs aide, mais ça n’est pas seulement cela.

Quand un groupe est en synchronisme, le changement est renforcé. Quand les gens voient comment votre message résonne avec le leur, avec leurs pairs, ils sont davantage enclins à le considérer sous un éclairage positif.

Quand les membres d’une organisation, ou une équipe ou un groupe lisent le même livre (ou une norme) l’impact est exponentiellement plus grand.

Si vous voulez effectuer un changement, commencez par créer une culture. Organisez le groupe, rapprochez ses membres, et synchronisez-les. »

 

Certains clients pensent que mon rôle de consultant, comme celui de mes collègues qui œuvrent dans la même sphère d’expertise, est de trouver de nouveaux clients pour leur facturer mes services à gros prix. C’est bien mal comprendre.

Mon rôle est de bâtir des ponts entre les gens et les idées nouvelles. Ma spécialité est de le faire en groupe, pour créer une synergie et une énergie inspirante. Le risque d’échec est plus grand et plus visible. Le potentiel d’impact aussi !

Mais, comme le dit Seth, je ne peux changer tout le monde, car TOUT LE MONDE… n’existe plus.

Je dois accepter cela.

Vous aussi.

Et vous pouvez choisir de faire partie du changement…

ou non.

Vous pouvez choisir de faire partie du groupe…

ou non.

« If you choose not to decide you still have made a choice » Niel Peart

Vous pouvez choisir de ne pas décider, vous aurez quand même fait un choix.

 


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